Par l'équipe de La bonne borne, mis à jour le 29 juin 2026
Sur une borne publique, deux conducteurs peuvent payer du simple au triple pour la même recharge. En cause : la multiplication des intermédiaires et des modes de facturation. La réglementation européenne AFIR impose désormais plus de transparence, mais le parc n'est pas encore aux normes partout. Voici comment s'y retrouver, et pourquoi recharger à domicile reste la solution la plus prévisible.
En juin 2026, l'association de consommateurs CLCV a publié une étude (« la loterie des tarifs ») portant sur deux ans de données et plus de 200 000 points de recharge publics en France. Son constat : sur une même borne, le montant payé dépend autant du moyen utilisé pour lancer la charge que de l'électricité consommée. Pour une recharge en courant alternatif triphasé, la CLCV relève 0,36 €/kWh en paiement direct, contre jusqu'à 1,033 €/kWh avec certains badges ou applications, soit près de 190 % d'écart pour une électricité délivrée par le même équipement. Les disparités sont aussi géographiques : dans les Alpes-Maritimes, des bornes 22 kW d'un même réseau affichaient de 0,328 à 1,162 €/kWh ; dans les Hauts-de-Seine, l'écart atteignait 255 % (de 0,27 à 0,96 €/kWh). L'étude note également une hausse générale des tarifs, en AC comme en DC, depuis novembre 2025.
Deux acteurs interviennent sur une recharge publique. L'exploitant de la borne (le CPO) installe, raccorde, alimente et entretient l'équipement. L'opérateur de mobilité (eMSP) revend l'accès via un badge ou une application, et ajoute ses propres frais, commissions ou marges au tarif de l'exploitant. La puissance affichée ne suffit donc pas à connaître le coût d'une session. À cela s'ajoutent plusieurs modes de facturation qui coexistent : prix au kWh, prix à la minute ou forfait fixe, parfois assortis de frais de connexion, d'itinérance ou de stationnement. La facturation à la minute pénalise surtout les voitures qui n'exploitent pas toute la puissance de la borne, puisque vous payez le temps branché et non l'énergie reçue. Notre page recharge publique : réseaux et tarifs détaille les principaux réseaux et leurs grilles.
Le règlement européen AFIR (2023/1804), applicable depuis le 13 avril 2024, encadre l'affichage des prix et les moyens de paiement. Sur les bornes d'au moins 50 kW installées depuis cette date, le prix au kWh (et les éventuels frais d'occupation à la minute) doit être affiché directement sur la station, sur l'écran ou via un autocollant, avant de brancher ; le paiement par carte bancaire (terminal ou sans contact) y est obligatoire. D'ici 2027, cette obligation de paiement par carte s'étendra aux bornes rapides existantes situées sur les grands axes. Pour les bornes de moins de 50 kW, qui forment l'essentiel du parc, l'information tarifaire peut être mise à disposition par QR code ou lien, dans l'ordre : prix au kWh, à la minute, par session, puis autres frais. Les prix doivent rester « raisonnables, transparents et non discriminatoires », et la DGCCRF peut sanctionner les manquements par des amendes allant jusqu'à 15 000 € pour un particulier et 75 000 € pour une entreprise. La CLCV demande d'aller plus loin : carte bancaire généralisée, affichage clair de tous les tarifs avant la session, prix au kWh comme référence, et un observatoire national des prix.
Quelques réflexes limitent la facture. Avant de brancher, vérifiez le prix affiché sur la borne ou dans l'application, et comparez l'accès direct (carte bancaire) et le badge : l'un n'est pas toujours moins cher que l'autre. Sur les longs trajets, privilégiez les bornes rapides (DC) facturées au kWh plutôt que les bornes lentes facturées à la minute. Un badge multiréseaux adapté à votre itinéraire évite les frais d'itinérance les plus élevés. Mais la recharge la plus prévisible et la moins chère reste celle du quotidien, à domicile : comptez de l'ordre de 2 à 3 € les 100 km en heures creuses, sans frais cachés. Comparez l'écart sur notre page domicile contre borne publique, chiffrez votre budget avec le calculateur de coût de recharge, et si vous franchissez le pas, estimez votre installation en 30 secondes.
Parce que l'opérateur de mobilité qui édite le badge ou l'application ajoute ses propres frais et marges au tarif fixé par l'exploitant de la borne. Sur une même borne, l'écart entre l'accès direct et certains badges peut approcher 190 % selon l'étude CLCV de juin 2026.
Vérifiez le prix affiché avant de brancher, comparez le paiement direct par carte et le badge, préférez les bornes rapides facturées au kWh sur les longs trajets, et utilisez un badge adapté à votre itinéraire. Pour le quotidien, recharger à domicile reste le plus économique, autour de 2 à 3 € les 100 km en heures creuses.
Sources : CLCV, « Recharge publique des véhicules électriques : la loterie des tarifs » (juin 2026) · Avere-France, le règlement AFIR (article 5)
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